Lundi 21, mardi 22 et mercredi 23 février. 3 jours de feu et de sang. 3 jours d’angoisse et de frayeurs 3 jours d’effroi et de peur. 3 jours de faim et de soif. Le tout enturbanné dans un tissu de mensonges, désignés sous le doux euphémisme de
« rumeurs ».
Qu’à cela ne tienne. La commune d’Abobo a connu l’apocalypse pendant ces 3 jours cités. Affrontements à l’arme lourde pendant des heures entières. Coupures intempestives d’électricité et d’eau courante. Abobo ne vit plus mais se meurt par la folie meurtrière des hommes.
Mais de quoi s’agit-il? Selon des sources concordantes qui ont requis l’anonymat, il s’agit d’un affrontement entre des éléments armés non identifiés et les FDS ( forces de défense et de sécurité).
Ces affrontements ont provoqué une telle psychose au sein de la population qu’elle s’est térrée pendant ces 3 jours, donnant ainsi une allure d’un vaste désert ou d’un cimétière abandonné…car après une accalmie précaire, nombreux sont les habitants d’Abobo qui ont eu la désagréable surprise de voir des corps sans vie jonchés les rues et ruelles de cette commune. Des assaillants? Des victimes innocentes?
Difficile de mettre une identité quelconque sur le visage de ces cadavres pour la plupart inconnus des habitants des quartiers où ils sont exposés. Ils présentent déjà un état de putréfaction. Cela augure des lendemains difficiles pour les populations car cette situation est un terreau fertile pour des maladies épidémiques comme le choléra qui s’annonce déjà du côté de PK 18, une des zones de combats.
